
EDITORIAL
La 28e édition des Arkadi, « s’ouvrir aux mondes » nous entraîne vers des territoires
inconnus, des univers différents.
L’artiste, l’écrivain sont passés maîtres dans les Rencontres, les découvertes,
le terreau de l’accomplissement. Bien sûr la liberté vit de la puissance des limites mais
tout processus de transformation est un processus d’ouverture. On se transforme en
marchant, on change alors la direction du regard et l’on accepte l’errance. Celui qui
marche déplie le monde, il ne s’appartient plus qu’à son pas, capte la lumière; la parole
du monde saisit les ombres passantes. S’il rebrousse chemin, il verse dans le rejet et ne
parviendra pas à se construire.
Les peintres nous convient à des rituels particuliers qui décrivent leurs libertés
d’esprit, l’immensité du monde. Ils démontrent que la vie n’est pas une mécanique
derrière toute fermeture et que l’isolement est un frein à l’inspiration. L’artiste ouvre tout
grand les volets, ayant compris qu’il n’y a pas de petites portes mais il y a des petits
tapeurs.
Certains diffusent la présence d’un invisible plus large que notre espace, qui
amplifie leurs perceptions. L’inconnu les attire et les pousse à la créativité. Un autre
monde s’ouvre « comme un ban de lumière sous la morsure d’une ombre »,
dit Chamoiseau.
Si nous pensions au monde que nous voulons imprévisible, si nous migrons dans des
images qui nous redonnent confiance ! Pour atteindre un lieu-monde qui appartient à
chacun avec un précipité de paysages, musiques, danses et faire ainsi du monde son
bouclier, le gardien de sa demeure. On donnera alors une autre âme aux frontières,
les cicatrices, les déchirures s’estomperont et les fossés seront comblés. Voilà un juste
vivre au monde !
Et l’on reconnaît le frère dans l’inconnu qui vient : « Viens dans l’Ouvert, ami »
(Hölderlin)
Accueillir son « opacité », tout l’Autre, être neuf pour l’Autre, comme l’Autre est neuf pour
nous.
THEATRE
Un solo poétique de Jean-Loup Dabadie et Roberto Athayde ; la performance d’une
sportive de la parole, adaptée et mis en scène par Marie-José Hourantier,
Interprétée par Wendyam
Une satire du pouvoir qu’un maître peut avoir sur ses élèves.
Des leçons complètement baroques où la biologie, l’arithmétique et autres disciplines,
sont déviés de leurs sens et pourraient s’inventer.
Une institutrice borderline qui symbolise toutes les formes de répression et passe de la
domination, de la haine, à la complicité et à la tendresse.
Une analyse grammaticale de la vie montrant le rôle des adjectifs, des adverbes, des
verbes, des substantifs comme une composition poétique de tous les mouvements de
l’existence.
Un décor où le squelette fait partie de ces vanités qui nous renvoient au dérisoire de nos
désirs. Un memento mori (aie à l’esprit que tu meurs) où deux mondes s’interpénètrent
comme une façon d’exorciser la peur.
La pièce ce termine par une danse macabre, mettant tout le monde sur un pied d’égalité,
soutenue par le poème chanté du « condamné à mort » de Jean Genet.

Madame Marguerite
Un monologue tragi-comique


DANSE
Mon chemin Un spectacle solo de Amel Gnago
Devenu orphelin, face à la solitude et au
désespoir, le danseur décrit le long
cheminement de sa reconstruction.
Chantant l’espoir, subissant l’épreuve, il suit
les plages de lumières qui accompagnent
ses objectifs. Une danse-thérapie que
chacun peut s’approprier.



